mardi 8 mai 2012

Viva Riva !

Djo Tunda Wa Munga - 2010


Une silhouette incandescente, d'un mouvement de hanche sensuel, irradie le coeur de l'homme insouciant. Se dessine alors à l'encre au goût essence, une histoire d'amour brûlante, puissante car éphémère, passionnante car adultère. Les scènes de Coït défilent, fulgurantes, suivies de près par l'ombre immaCULée, menaçante, qui ne lâche rien. Course poursuite électrique et suintante, rythmée par l'énergique déhanché d'une Manie Malone époustouflante, Viva Riva ! mérite ce point d'exclamation, génial et incongru, à l'image de son héros fantasmé, éternel gamin rieur au regard enfiévré, inépuisable source d'énergie barbouillée d'Or Noir.






vendredi 20 avril 2012

Twixt

Francis Ford Coppola - 2011


Le mec bourré patauge dans son verre de Whisky, 
s'agrippe à un glaçon joueur, trimballé de gauche à droite, 
secoué remué submergé noyé. 


L'artiste paumé s'éveille, 
la peau caressée par un éclat de lune 


tristesse


d'un battement d'aile il ose la découverte. . 


Le guide, le Maître, celui qui Sait, s'avance. 
La fille, la Morte, celle qui Naît, s'absente. 


Pour chaque coup de cloche, 
un coup de mâchoire, 
peu à peu l'innocence s'effiloche, 
découpée au hachoir


la nuit embrasse le jour, la folie se joue de l'amour, 
ils tourbillonnent et puis s'écrasent, le carillon résonne, 
est-il trop tard? 


Le teint crayeux des personnages illumine les cadres boisés, Coppola, d'une main de Maître, d'un éclair de génie, dessine un conte Chamanique et Merveilleux, n'hésitant pas à user d'un humour habile de temps à autres, 


tic tac, 


les corps se figent, le sang s'écoule, 
la jeune fille crie, l'Amour s'écroule..



samedi 24 mars 2012

Les Adieux à la Reine

Benoît Jacquot , 2012


D'un rêve ou d'un cauchemar, nous voilà prisonniers, enchaînés à Sidonie, liseuse éberluée qui dès le début, se fait des films, ponctuant ses lignes de gratouillements discrets, se nourrissant des regards de La Reine, ne vivant que pour la servir, la satisfaire, l'aimant à en crever. D'un coup de langue à l'éclat vermeille, Marie Antoinette brise les espoirs de la fillette, qui sans sourciller accepte la concurrence, oui, mais pas les remontrances. Ma Reine est malheureuse, mon âme absorbe sa douleur, Ma Reine rigole et s'épanouit, mon corps se drape de sa lumière, et puis d'un plan à l'autre mon coeur s'éclate contre les murs, éclaboussant les tapisseries de mon amour. Face à cette humble gamine transparente se dresse Gabrielle de Polignac, imbue, glaçante, celle dont on prononce le nom en tremblant, de haine ou de respect? A l'aube d'une révolution sanglante mais nécessaire, on se colle à Sidonie, l'échine courbée, courant maladroitement dans ce château malade, au murs gangrenés et crasseux, qui lentement, s'effritent et contaminent ses habitants. Il y en a qui fuient, d'autres qui meurent, mais Sidonie, elle, demeure, rongée par son amour, aveuglée par la robe soleil de sa Reine, petit rat en peine qui respire au rythme de la caméra. Versailles cogite, Versailles s'agite, la psychose revêt des habits de gardes suisses, profitant même d'une belle après-midi d'été pour se laisser lentement couler au fond d'une gondole, clapotis cristallins de l'eau souillée, il est trop tard, le cadavre du rongeur, tour à tour exhibé puis intimement frôlé les mord, la Mort, entre les livres se faufile pour un dernier baiser..

mardi 13 mars 2012

Rio Bravo

Howard Hawks, 1959


Le tintement d'une pièce sournoisement jetée dans le crachoir, accompagné par le cliquetis du chien d"un Colt que l'on arme, la balle fuse, l'homme s'effondre, la trame est posée, à nous de sauter dans la diligence en route. Joe Burdette, coincé derrière les barreaux, lance des regards assassins, crache sa haine mais heureusement, le vieux Stumpy ne se laisse pas impressionner, à lui de balancer vannes et remarques malignes, et la longue garde commence, ponctuée de coups de feu, d'éclats de rire et de tendresse, avec toujours cette merveilleuse maîtrise des dialogues et des plans. Que ce soit dans le choix des couleurs ou des détails, Hawks nous en colle plein la rétine, modulant la lumière de telle sorte que toujours, ses personnages rayonnent; Angie Dickinson, éblouissante, dégage une énergie telle qu'on en oublie la poussière et les gun fights quelques instants. Le sujet est passionnant. Le Shérif, Chance, homme droit tartiné de discipline, tente du mieux qu'il peut de préserver sa ville du terrifiant Burdette, dont il vient tout juste d'emprisonner le frère, l'attente est longue, jusqu'à l'arrivée des 'hauts-placés', mais Chance n'est pas seul:le vieux Stumpy, Dude l'écorché - d'amour et d'alcool- le jeune Colorado, la magnifique Feathers et le drôle d'hôtelier Mexicain, tous unis contre la menace Burdette, alternent rondes de nuit, parties de poker mouvementées, discussions intrigantes et dialogues amoureux exquis, yep', ils ont de quoi faire.
Get along home, Cindy Cindy.
Get along home, Cindy Cindy.
Get along home, Cindy Cindy.
I'll marry you sometime. 


Incroyable, cet attachement qui naît et se développe au fil du film, jamais personnages n'auront été aussi bien dépeints, avec autant d'aisance et de psychologie. Feathers, est-elle si sûre d'elle? où n'est-ce qu'une façade forgée à coups de plumes et de sourires joviales en vue de se protéger? Dude, excellent tireur, guérira-t-il de ses blessures grouillantes d'alcool et de remords? Rio Bravo touche des sommets de narrativité rarement atteints, la bande son, non plus, n'est pas en reste "Cindy hugged and kissed me, She wrung her hands and cried Swore I was the prettiest thing That ever lived or died" épatante, la scène où, les 3 protecteurs aux Colt chargés chantonnent, à l'unisson, sous l'oeil pétillant du Shérif Chance, touché depuis peu par le noble sentiment Amour, petit à petit, il se décoince, toujours un peu maladroit mais passionné, le baiser, quel baiser, les mains d'Angie Dickinson et son sourire.. Waow.





Dans la ligne de mire, Colorado vous montre comment tirer, la rue principale de la petite ville, du dehors  vers la prison, entre les deux? un seul obstacle: Dude, posté à l'entrée. mais..



vendredi 9 mars 2012

Bye Bye Blondie

Virginie Despentes, 2012

Quelque part entre une campagne bourrée et LA grande ville en toc, coincées sous une pile de Vinyls brisés et des cadavres de grandes personnes, Frances aime Gloria qui aime Frances et c'est comme ça. Mais venez pas nous dire qu'l'amour c'est aussi simple. Deux corps aussi vivants, souvent troublants, -maniérés puis désarticulés, en perpétuel mouvement- sacré régal à filmer, à admirer, les 2 gamines absorbent la lumière et l'énergie du monde qui les entoure, pour mieux rayonner, à moins que ce ne soit elles, qui entourent le monde de leur folie de leur délire de leur passion. Ca leur ferait pas de mal, aux parents de Gloria, un bon disque punk dans la mâchoire, bordélique et percutant, à l'image des 2 amantes, qui s'accordent avec délice quand viennent les refrains. Histoire d'amour pop et décalée, dégageant une odeur curieuse de joint parfum vanille/regrets, Bye Bye Blondie à le mérite de ne pas tricher, quelques fausses notes, certes, et pas parfait, mais enrobé d'une énergie pure, sans limite aucune, une énergie folle à t'en irradier les pupilles même une fois les yeux fermés.







Entre le Ciel et l'Enfer

Akira Kurosawa, 1963


L'argent, la Famille, la famille, l'Argent. Entre le ciel et l'enfer, Kingo Gondo se meurt, désespère, le cerveau bouillonnant d'indécision, irradiant la maudite pièce de son appartement d'une rage démentielle. Une pièce, qu'il ne quittera jamais , une pièce où l'action se met en place, Kurosawa insérant avec une minutie d'horloger les rouages de cette grande locomotive furieuse, petit à petit, plan par plan. Fantastique, ce huit clos angoissant, appuyé d'un jeu de lumière grandiose. Plus fantastique encore le 'drop' qui s'opère en plein milieu du film, pour se concentrer sur la police. Police un peu moutonne mais efficace, concernée par les tracas de tous, c'est rare, de voir tant de flics appliqués, les stéréotypes tombent et l'enquête prend toute la place, nous sommes autorisés à tout voir, à tout analyser, on est à la limite du film interactif, avec ses pauses et ses mystères, ses poursuites et ses énigmes. Dernière partie fulgurante, grouillante de monde, plongée sans anesthésie dans un univers sombre, stone et enrobé de fumée, le ravisseur marche nonchalamment vers sa destinée funeste, les gamins, sur leur terrain de jeu pavé de billets, jamais, ne s'arrêter de plaisanter.




jeudi 8 mars 2012

Chronicle

Josh Trank, 2012



La fascination de l'humain pour les trous est sans limites. Trou dans la peau, dans l'atmosphère ou trou profond dans le sol, faut que les 3 ados les explorent tous, s'y engouffrent inconsciemment, s'y perdent et y revivent, s'y aiment et s'y détestent. Rejeton timide et mal-aimé, battu jusqu'à en saigner de la crasse, Andrew nourrit son pouvoir plus qu'il ne le faut, le gavant de sa colère, de sa haine, de son besoin de vengeance. Pour exister, Steve a juste besoin d'être lui-même, son pouvoir grandit par à-coup, au jour le jour, mais toujours avec ce côté fun et rigolo, bon sang ce qu'on s'attache à ce gosse. Le 3ème larron, plus étrange finalement car incohérent dans ses attitudes, a plus de mal à trouver sa place; Matt évolue différemment, amorphe sur un plan puis débordant de fougue sur l'autre, parfois, la caméra peine à se fixer, sauf peut-être lorsque par télékinésie, elle réalise avec grâce son ballet aérien, bercée par les pensées d'Andrew, dirigée par le point de vue d'un Dieu . .


Dieu Déconne





mercredi 7 mars 2012

Tirador

Brillante Mendoza, 2007

Tirador est un cri, un corps en sueur, une foule en mouvement, Tirador est un mélange d'odeurs et de genres, parfois romantique, souvent drôle, tragique mutant informe mais magnifique, n'hésitant pas à tirer. BAM BAM. Les bas quartiers sont investis par la milice, flics débiles , tyrans irrespectueux, le ghetto saigne, vomit l'angoisse, le mec en tong dérape, ON T'EMBARQUE, mais c'était sans compter les femmes, diaboliques sirènes aimantes et hurlantes, qui, d'un coup de hanche bien placé rendraient fou le plus téméraire des hommes. La fourmilière ne s'arrête jamais de vivre, de se battre, même lorsque la mort et le désespoir s'invitent entre ses murs rugueux. Mendoza est plus qu'un simple cinéaste. C'est un passeur. Impossible, en effet, de ne PAS sentir l'odeur des bouts de viandes qui crépitent, impossible de ne PAS plonger ses mains dans la rigole boueuse à la recherche du dentier déchu, impossible de ne PAS s'écorcher les poumons avec les voleurs à la tire.

mercredi 29 février 2012

L'Argent

Robert Bresson, 1983

L'argent se froisse, l'argent se plie, dans les recoins des poches et des sacs à main, il crie. "non, non" "oui, oui". On roule les billets machinalement sans vraiment y croire, l'arnaque, tapit dans un coin sombre d'un coffre vide, attend. Les lignes de texte sont comme ces chiffres que l'on frappe que l'on imprime, à chaud sur les feuilles vertes et grises, 200, 500, pourquoi pas 1000, on recommence. Le pauvre type ère, la bouille ahurie, l'échine courbée, l'alarme sonne, on a été volé. 
Combien, pour la liberté?










"L'homme est trop bizarre, trop contradictoire"

mardi 28 février 2012

Dog Days

Ulrich Seidl, 2001


La chaleur oppresse les corps, qui se sentent alors obligés de se libérer de leurs carcans coton/plastique/tissu. Corps ridés, corps poilus, fente parée à la détente, Seidl alterne habilement les plans fixes/caméra à l'épaule pour tout montrer, étaler la sueur de ses protagonistes perdus, idiots, marrants, coincés, toqués, cloués dans leurs enveloppes charnelles souvent dégueulasses, vieilles, ou trop maigres. Une fois les fastes matinées d'amour passées, que reste-t-il? Un souvenir? La douleur. La peur. Alors on grogne, on baise, on chercher un bouc émissaire pour lui coller nos maux sur la peau, on braille des chansons paillardes s'arrosant le gosier de sperme, Dog Days part parfois dans des envolées lyriques passionnantes, "Tap Tap Tap", la balle de tennis cogne une dernière fois le mur du fond...

lundi 27 février 2012

Le Lys de Brooklyn

Elia Kazan, 1945


Les rues de Brooklyn, pavées d'enfants pouilleux, bouillonnants d'énergie, accouchent d'une électrique atmosphère où s'empoignent et s'embrassent une armée de sentiments. L'amour, yep Sir, l'amour qui envahit 'every goddam' plan, embrasant les êtres et les choses de sa silhouette massive, chaude et menaçante, l'amour du père, artiste rêveur pianotant distraitement do ré mi, petites notes alcoolisées, sur un piano ardent. L'heure tourne, c'est au tour de la Rancoeur d'entrer dans cet appartement miteux, quelques courbettes raz de la poussière, souffle angoissé, affreux raclement d'une danse macabre, la grande faucheuse esquisse un lourd mouvement du bras, l'arbre tombe, mort? Kazan donne à son film des allures de conte, et quel conte.. Habité par des personnages intrigants, intéressants, VIVANTS, bon dieu de Joan Blondell qui irradie littéralement l'écran, même lorsque ses scènes se déroulent dans un intérieur étouffant, poussiéreux, son sourire, ses yeux, accrochent,diffusent et répandent tant de lumière.. Divin!
A little fun on Saturday, that never hurt nobody

mardi 21 février 2012

La Cité des femmes

Frederico Fellini, 1980

Cri de rage d'une blonde peroxydée prête à envoyer son pied dans les parties génitales du pantin, cri de plaisir bourdonnant d'un millier de femmes exquises, rugissement du mâle suintant de stupre et de champagne , comment, ne pas se noyer? Rêve brûlant et interminable, qui, au détour d'un corridor ou d'une chevelure se transforme en cauchemar, attirant, irrésistible, tout en chair et en féminité - Brise-la, recouds-la, secoue-la, bloque-la - Fellini réussit l'impossible, réunit l'improbable : femme soumise, femme objet, femme exquise, femme dégueulasse, cinglée, droguée,  cintrée, magnifique, excitante, angoissante, masochiste, terrifiante, sensuelle, grosse ou vide, vieille ou jeune, mère ou fille, toutes se côtoient dans cet immense bordel coloré, fantasme de toute une vie d'homme au bord de l'abandon, Mastroianni, qui a tout d'un foetus paumé, se débat, agitant sa petite queue hors du corridor vaginal sans fin, sous le regard de ces déesses aux cheveux longs.

dimanche 19 février 2012

au delà du cadre

Lana Turner
Maruschka Detmers

Jean Simmons

jeudi 16 février 2012

Les Maîtres Fous

Jean Rouch, 1955


La bave suinte au rythme des fusils qui claquent, les fluides acides dégoulinent sur les visages possédés, attrape le chien, croque son oreille, le commandant hurle des yeux, le feu brûle les corps, simples boîtes animées d'esprits ravageurs, Jean Rouch ne rate rien. S'il s'agit bien là d'un spectacle fascinant, débordant de vie -à outrance peut être, mais rien de mieux que l'excès!- quelque chose cloche.. les derniers mots, peut être, lorgnant sur un sombre côté moralisateur, dispensables.. car aussi puissant soient-ils, ces hommes-Dieux insensibles au feu ou à la Mort, se voient tout même souillés par une simple caméra, qui réussit à les cerner, les encercler, pénétrer dans leur monde captivant, ils en perdent de leur pouvoir, de leur superbe... 



mercredi 15 février 2012

Millénium (encore!)

David Fincher, 2012


Passé le tourbillon tapageur d'un générique "in", reflet d'une société shootée au speed, accro aux nouvelles technologies et à la fausse violence des corps qui s'entrechoquent, le tout saupoudré de basses bien grasses, il ne reste plus grand chose. Ils ont tous appris leurs lignes de textes par coeur, ça se voit, tout est calculé au millimètre près, nulle place n'est laissée à dame Spontanéité, mais.. l'image étouffe! L'alchimie entre Lisbeth et Blomkvist, si intéressante et essentielle dans Millénium made in Suède n'existe tout simplement pas. Trois scènes de cul bâclées, quelques regards vides de sens, le dégoût s'installe très vite, on est pris pour des pigeons, qui va croire à une telle mascarade? Fincher trimballe sa caméra un peu au hasard, il n'a pas l'air d'en avoir grand chose à foutre, les plans sont soit trop courts soit trop longs, les scènes désuètes voire inutiles s'enchaînent inlassablement, merci de prendre le spectateur pour un attardé, quelle foutue manie que celle de s'attarder 3 plombes sur un nom, un mystère résolu, pour être sûr et certain que cet abruti popcorn le cul dans son fauteuil rouge comprenne bien tout tout tout. Notre imagination est entravée par des chaînes grossières, risibles et dégueulasses, constituées "d'à peu près" ainsi que de clichés grotesques. Une douche, un filet de sang qui s'écoule.. Et la fin. Oser prendre 20 minutes pour raconter une chose que Niels Arden Oplev avait réussi à nous insuffler en l'espace d'une courte minute, mais quelle minute, David, j'appelle ça du remplissage, du blabla pour minettes en chaleur, mec, 2h38 quand on n'a rien à dire, c'est bien long. L'homme qui n'aimait pas les femmes est bien là, il s'appelle Fincher et filme la ridicule-petite Rooney Mara comme un boucher bouché, sans finesse, sans recul, les femmes et autres psychopathes, haha, caricaturés au possible, Daniel Craig, par contre, je m'attendais à voir sa bite en gros plan, tant Fincher semble l'aduler, mais même ça, il n'a pas osé. Indigeste, cet Happy Meal coca Fincha.