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dimanche 21 avril 2013

Lola

 Brillante Mendoza - 2009



Armée d'un parapluie capricieux et d'un gamin agité, Lola claudique à toute vitesse contre 
le Vent, à la recherche de quelques réponses : le nom du meurtrier, le montant du cercueil.. L'enfant désobéissant détale dans un couloir, amenant Lola face au défunt, cadavre silencieux couché dans l'arrière cour d'une morgue régentée à la manière d'une banque , terribles secondes où l'on retient son souffle, les prunelles de la vieille femme flamboient, mais pas question de se laisser submerger. Le poing serré sur un billet trempé, Lola comprend : La Mort est un Business, le temps se calcule en Pesos, pas une minute à perdre, le ciel dégueule des trombes d'eau sur les corps frissonnant, l'image vacille captant l'urgence de l'instant. La vieillesse s'emballe et décide de lutter, par amour ou par fierté, s'armant de toute son expérience pour diriger la barque, une lutte acharnée contre Chronos s'engage. Un tas de chair inerte contre un squelette enfermé, la mâchoire collée entre deux barreaux abîmés, il ne peut y avoir de miracle, Lola le sait.. 




lundi 15 octobre 2012

John John

Brillante Mendoza - 2007

Adorable gamin à la bouille ahurie, symbole galopant de l'unique talent de Thelma, John John attire notre regard - tout nu, malade ou endormi, le petit garçon se dévoile, avec pudeur et innocence, Mendoza s'éloigne , incapable de s'immiscer plus en avant, lors de la séquence du bain: cette scène appartient à la mère et au petit garçon, on a juste le droit de la balayer du regard. Miss Bianca pénètre dans le Bidonville avec difficulté - elle connaît le chemin et la plupart des habitants, cependant, Thelma s'y mouvra d'une toute autre manière, bien plus intime et gracieuse , l'enfant dans les bras, avec cette terrible douleur au fond de la poitrine , elle le sait, la destination de ce périple, à l'extrémité des rues boueuses NE PAS Y PENSER, sourire, profiter, s'agiter pour oublier. Dieu seul sait comment, la caméra se place idéalement, à chaque fois, captant de tout son être mécanique les regards, les sourires, multipliant les rencontres, peignant d'un coup d'objectif fugace toute la grandeur de son dévouement, Thelma, ton coeur saigne une nouvelle fois, mais ce coup là, est plus profond que tu ne crois..

mercredi 7 mars 2012

Tirador

Brillante Mendoza, 2007

Tirador est un cri, un corps en sueur, une foule en mouvement, Tirador est un mélange d'odeurs et de genres, parfois romantique, souvent drôle, tragique mutant informe mais magnifique, n'hésitant pas à tirer. BAM BAM. Les bas quartiers sont investis par la milice, flics débiles , tyrans irrespectueux, le ghetto saigne, vomit l'angoisse, le mec en tong dérape, ON T'EMBARQUE, mais c'était sans compter les femmes, diaboliques sirènes aimantes et hurlantes, qui, d'un coup de hanche bien placé rendraient fou le plus téméraire des hommes. La fourmilière ne s'arrête jamais de vivre, de se battre, même lorsque la mort et le désespoir s'invitent entre ses murs rugueux. Mendoza est plus qu'un simple cinéaste. C'est un passeur. Impossible, en effet, de ne PAS sentir l'odeur des bouts de viandes qui crépitent, impossible de ne PAS plonger ses mains dans la rigole boueuse à la recherche du dentier déchu, impossible de ne PAS s'écorcher les poumons avec les voleurs à la tire.

jeudi 15 décembre 2011

Serbis


Serbis, Servis, adorer, patronner, s'accoupler est un film qui se hume, effluve chargée de graisse, qui se goûte, divine première bouchée annonçant un repas succulent, qui se sent et se ressent, donc. 'I LOVE YOU' dit elle à son reflet pourpre, tranquillité factice, inattegniable en un tel lieu, cinéma VIVANT farci de débauches, douces amères, mère, trempe ta honte dans l'eau débordante des toilettes, et fait fi de la bobine qui tourne ... Râles moites susurrés entre deux sièges, jeunes corps dessinés à coups de queues, Mendoza nous propulse avec une facilité toute déconcertante, irritante même, dans son film, dans son oeuvre, au sein de son spectacle, son bordel. Scotchés à leurs partenaires, les protagonistes s'autoriseront tout de même quelques instants d'innocence lorsque l'animal piétinera le devant de l'écran. La chèvre s'échappe, les rires s'évincent, le jeune père fuit.. et puis?

samedi 18 juin 2011

Kinatay

"Fais de moi ce que tu veux mais ne me tue pas". 
Soubresaut, poitrine léchée par une lune translucide, paillette, Madone ensanglantée tout droit sortie de l'esprit trouble du jeune étudiant -Peping. Foule mouvante, cadavres inertes, l'étude de la criminologie ne sera d'aucune aide ici. 


Grimpe, assieds toi, ça rapportera gros, à toi la belle vie, pense à ta femme, ton gosse, tu crois que... 
Vaisseau fantôme fendant la nuit, tu n'auras qu'à... 
Petit, les limites sont à jamais franchies, les phares n'éclairent qu'une route poussiéreuse, repue de corps sans vie et toi, toi petit tu te sens comme le bétail que l'on mène à l'abattoir. pourtant, cette destination tu la connais, en début de journée, à la mairie, rappelle toi, le Cercle froid à ton doigt... tu vois? 
Ton souffle s'accélère, des bulles acides tapissent ton estomac, t'as la tête en vrac, tu Veux te réveiller. mais.. 


L'aube t'apporte un réconfort fragile, drape toi en, il va faire froid.