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vendredi 9 août 2013

SYMBOL

Hitoshi Matsumoto - 2009



 Le sexe d'un ange à portée de doigt et l'espace infini d'un esprit joueur sous les pieds, l'Homme ouvre la bouche, ébahi. Happé par la Surprise et manipulé par la peur, le type plonge en plein caucherève avec pour seule bouée l'espoir qu'un de ces interrupteurs l'aide à sortir d'ici. Mais il est prisonnier d'un univers complexe, qui évolue selon ses propres règles : cohérence mesurée, foutoir lapidaire et sushi frais sont bien maitres suprêmes en ces lieux et le catcheur à la peau gluante n'est pas prêt pour ce combat. Matsumoto enchaine les plans culottés comme un samurai shooté au crack les découpages de chair, avec toujours ce soucis de pureté loufoque lové au creux de l'objectif; joyeux bordel onirique que ce "SYMBOL" qui réalise un épatant FACEWASH dans la trogne de son adversaire : l'ennui.



Saya Zamuraï

Hitoshi Matsumoto - 2011



Allongé au bord d'un lac enrobé de pénombre, le samouraï déchu panse ses plaies - les mains habiles de sa progéniture parcourent ses omoplates, couvrant les déchirures de plantes médicinales. Le trou béant de son fourreau suinte la peur et lui rappelle à chaque regard sa condition de banni, l'ombre de sa femme perdue à jamais le hante, triste bonhomme à lunettes en fuite, perpétuelle, jusqu'au jour où.. Sous les yeux éteints du prince Meurtri, Kanjuro Nomi s'éveille enfin, déployant une énergie surhumaine pour tenter de lui arracher un sourire, ne reculant devant aucune pitrerie susceptible d'éveiller l'intérêt du jeune garçon. C'est à cheval sur une poutre mécanique ou bien encore au creux d'un canon géant que l'ancien Samurai déjouera les plans de la Mort, lui décochant de multiples pieds de nez, osant même lui faire face et la heurter de plein fouet. Habilement, Hitoshi Matsumoto insuffle à son oeuvre un vent de douce folie, une brise théâtrale des plus rafraichissante, sans jamais tomber dans l'overdose. Les sourires s'esquissent timidement tandis que les regards pétillent, tout est question de patience et de contraste entre les corps recroquevillés et celui qui explose, le mouvement continu comme arme tranchante contre l'oubli, quelques gouttes d'imagination feront-elles taire l'Hara-Kiri?