Passé le tourbillon tapageur d'un générique "in", reflet d'une société shootée au speed, accro aux nouvelles technologies et à la fausse violence des corps qui s'entrechoquent, le tout saupoudré de basses bien grasses, il ne reste plus grand chose. Ils ont tous appris leurs lignes de textes par coeur, ça se voit, tout est calculé au millimètre près, nulle place n'est laissée à dame Spontanéité, mais.. l'image étouffe! L'alchimie entre Lisbeth et Blomkvist, si intéressante et essentielle dans Millénium made in Suède n'existe tout simplement pas. Trois scènes de cul bâclées, quelques regards vides de sens, le dégoût s'installe très vite, on est pris pour des pigeons, qui va croire à une telle mascarade? Fincher trimballe sa caméra un peu au hasard, il n'a pas l'air d'en avoir grand chose à foutre, les plans sont soit trop courts soit trop longs, les scènes désuètes voire inutiles s'enchaînent inlassablement, merci de prendre le spectateur pour un attardé, quelle foutue manie que celle de s'attarder 3 plombes sur un nom, un mystère résolu, pour être sûr et certain que cet abruti popcorn le cul dans son fauteuil rouge comprenne bien tout tout tout. Notre imagination est entravée par des chaînes grossières, risibles et dégueulasses, constituées "d'à peu près" ainsi que de clichés grotesques. Une douche, un filet de sang qui s'écoule.. Et la fin. Oser prendre 20 minutes pour raconter une chose que Niels Arden Oplev avait réussi à nous insuffler en l'espace d'une courte minute, mais quelle minute, David, j'appelle ça du remplissage, du blabla pour minettes en chaleur, mec, 2h38 quand on n'a rien à dire, c'est bien long. L'homme qui n'aimait pas les femmes est bien là, il s'appelle Fincher et filme la ridicule-petite Rooney Mara comme un boucher bouché, sans finesse, sans recul, les femmes et autres psychopathes, haha, caricaturés au possible, Daniel Craig, par contre, je m'attendais à voir sa bite en gros plan, tant Fincher semble l'aduler, mais même ça, il n'a pas osé. Indigeste, cet Happy Meal coca Fincha.
mercredi 15 février 2012
Millénium (encore!)
David Fincher, 2012
Passé le tourbillon tapageur d'un générique "in", reflet d'une société shootée au speed, accro aux nouvelles technologies et à la fausse violence des corps qui s'entrechoquent, le tout saupoudré de basses bien grasses, il ne reste plus grand chose. Ils ont tous appris leurs lignes de textes par coeur, ça se voit, tout est calculé au millimètre près, nulle place n'est laissée à dame Spontanéité, mais.. l'image étouffe! L'alchimie entre Lisbeth et Blomkvist, si intéressante et essentielle dans Millénium made in Suède n'existe tout simplement pas. Trois scènes de cul bâclées, quelques regards vides de sens, le dégoût s'installe très vite, on est pris pour des pigeons, qui va croire à une telle mascarade? Fincher trimballe sa caméra un peu au hasard, il n'a pas l'air d'en avoir grand chose à foutre, les plans sont soit trop courts soit trop longs, les scènes désuètes voire inutiles s'enchaînent inlassablement, merci de prendre le spectateur pour un attardé, quelle foutue manie que celle de s'attarder 3 plombes sur un nom, un mystère résolu, pour être sûr et certain que cet abruti popcorn le cul dans son fauteuil rouge comprenne bien tout tout tout. Notre imagination est entravée par des chaînes grossières, risibles et dégueulasses, constituées "d'à peu près" ainsi que de clichés grotesques. Une douche, un filet de sang qui s'écoule.. Et la fin. Oser prendre 20 minutes pour raconter une chose que Niels Arden Oplev avait réussi à nous insuffler en l'espace d'une courte minute, mais quelle minute, David, j'appelle ça du remplissage, du blabla pour minettes en chaleur, mec, 2h38 quand on n'a rien à dire, c'est bien long. L'homme qui n'aimait pas les femmes est bien là, il s'appelle Fincher et filme la ridicule-petite Rooney Mara comme un boucher bouché, sans finesse, sans recul, les femmes et autres psychopathes, haha, caricaturés au possible, Daniel Craig, par contre, je m'attendais à voir sa bite en gros plan, tant Fincher semble l'aduler, mais même ça, il n'a pas osé. Indigeste, cet Happy Meal coca Fincha.
Passé le tourbillon tapageur d'un générique "in", reflet d'une société shootée au speed, accro aux nouvelles technologies et à la fausse violence des corps qui s'entrechoquent, le tout saupoudré de basses bien grasses, il ne reste plus grand chose. Ils ont tous appris leurs lignes de textes par coeur, ça se voit, tout est calculé au millimètre près, nulle place n'est laissée à dame Spontanéité, mais.. l'image étouffe! L'alchimie entre Lisbeth et Blomkvist, si intéressante et essentielle dans Millénium made in Suède n'existe tout simplement pas. Trois scènes de cul bâclées, quelques regards vides de sens, le dégoût s'installe très vite, on est pris pour des pigeons, qui va croire à une telle mascarade? Fincher trimballe sa caméra un peu au hasard, il n'a pas l'air d'en avoir grand chose à foutre, les plans sont soit trop courts soit trop longs, les scènes désuètes voire inutiles s'enchaînent inlassablement, merci de prendre le spectateur pour un attardé, quelle foutue manie que celle de s'attarder 3 plombes sur un nom, un mystère résolu, pour être sûr et certain que cet abruti popcorn le cul dans son fauteuil rouge comprenne bien tout tout tout. Notre imagination est entravée par des chaînes grossières, risibles et dégueulasses, constituées "d'à peu près" ainsi que de clichés grotesques. Une douche, un filet de sang qui s'écoule.. Et la fin. Oser prendre 20 minutes pour raconter une chose que Niels Arden Oplev avait réussi à nous insuffler en l'espace d'une courte minute, mais quelle minute, David, j'appelle ça du remplissage, du blabla pour minettes en chaleur, mec, 2h38 quand on n'a rien à dire, c'est bien long. L'homme qui n'aimait pas les femmes est bien là, il s'appelle Fincher et filme la ridicule-petite Rooney Mara comme un boucher bouché, sans finesse, sans recul, les femmes et autres psychopathes, haha, caricaturés au possible, Daniel Craig, par contre, je m'attendais à voir sa bite en gros plan, tant Fincher semble l'aduler, mais même ça, il n'a pas osé. Indigeste, cet Happy Meal coca Fincha.
mardi 14 février 2012
La Nuit nous appartient
James Gray, 2007
Une latino au bout de la langue, un rail de coke sous les narines, Bobby Green est un Dieu, évoluant dans son monde avec aisance, ignorant les obstacles comme un lion le danger, sorte d'ado branché coincé dans un corps élastique, enjoué et fêtard. Joseph, sa moitié, son frère, (dont il se moque éperdument) ne voit pas les choses de la même manière. Flic modèle, rejeton parfait, aimé du Père tout Puissant, chaque fibre de son être accentue un peu plus le contraste avec Bobby, révélant ainsi le grotesque de la situation. Femme fatale et décoincée sur lit de Cocaïne pour l'un, trou dans la tête et 3 marmots pour l'autre, la Nuit leur appartient, mais à des heures et des jours différents, pour bien comprendre, faut jongler de point de vue, chose que James Gray réussit avec brio. We Own the Night est un film de tensions. Tension morale ou sexuelle, parfois malsaine, exubérante ou religieuse, à la manière du Père, on ne sait plus où donner de la tête, notre coeur manque 2-3 bonds, nos yeux s'écarquillent à toucher le ciel, on baise avec Eva, on deal avec Bobby, on shoot avec Joseph pour enfin mourir avec les autres. Bouleversant.
Une latino au bout de la langue, un rail de coke sous les narines, Bobby Green est un Dieu, évoluant dans son monde avec aisance, ignorant les obstacles comme un lion le danger, sorte d'ado branché coincé dans un corps élastique, enjoué et fêtard. Joseph, sa moitié, son frère, (dont il se moque éperdument) ne voit pas les choses de la même manière. Flic modèle, rejeton parfait, aimé du Père tout Puissant, chaque fibre de son être accentue un peu plus le contraste avec Bobby, révélant ainsi le grotesque de la situation. Femme fatale et décoincée sur lit de Cocaïne pour l'un, trou dans la tête et 3 marmots pour l'autre, la Nuit leur appartient, mais à des heures et des jours différents, pour bien comprendre, faut jongler de point de vue, chose que James Gray réussit avec brio. We Own the Night est un film de tensions. Tension morale ou sexuelle, parfois malsaine, exubérante ou religieuse, à la manière du Père, on ne sait plus où donner de la tête, notre coeur manque 2-3 bonds, nos yeux s'écarquillent à toucher le ciel, on baise avec Eva, on deal avec Bobby, on shoot avec Joseph pour enfin mourir avec les autres. Bouleversant.
lundi 13 février 2012
La Belle de Moscou
Rouben Mamoulian, 1957
Couleurs éclatantes, mélodies entêtantes, petits pas de danse osés, claquettes mordantes dirigées d'une main de maître par des notes amoureuses d'un orchestre chaleureux: épatant! Les acteurs pétillent de joie, rayonnent de milles feux, gais reflets d'une ville fantasme, Paris, investie par un robot made in Russia, serrée dans sa ceinture en cuire, ceinture qu'Astaire reluque à chaque plan, les doigts frémissants d'envie de la desserrer.. Son meilleur atout, la musique. Note après note, Ninotchka "You go go go, but you don't get anywhere" se laissera tenter, petit à petit, commençant par chanter d'une voix monocorde, limite vocodée, puis, timidement, ses hanches onduleront, ses bras et jambes fouetteront l'air avec force et vigueur, avec grâce, dans cette immense pièce luxueuse où la caméra semble flotter, les deux êtres se retrouvent et s'aiment, la symbiose est parfaite, le baiser est 'restful, AGAIN'. Drôle à en pleurer, d'une intelligence rare, Silk Stockings est une oeuvre enchanteresse, délicieuse.
samedi 11 février 2012
Meek's Cutoff
Kelly Reichardt, 2011
Les 3 carrioles avancent péniblement, grincements secs et usés de l'effort, dans cet espace hostile, où tout reste à conquérir. La peau frémissante de poussière, le gosier sec, les yeux vaguement perdus au loin, un doigt habile sur la détente, Elle prend les devants. Mais jusqu'où iront ces êtres hagards, insensés, avec leurs boeufs et leur espoir , ridicule caravane mal équipée pour un tel voyage? L'indien les suit de près, de loin, à l'instar de la caméra qui, plan large, plan rapproché, semble avoir peur de ce groupe inconscient, comme si les côtoyer trop longtemps l'emprisonnerait avec eux.. Chaque matin ressemble au précédent, avec juste le niveau d'eau dans le baril qui change, s'amenuisant petit à petit, un peu comme la raison qui s'évapore au fil des plans. Meek's cutoff, film d'Aventure terrifiant, beau et angoissant, n'a de cesse de questionner le spectateur sur ses capacités d'adaptation, d'accoutumance et de résistance
Les 3 carrioles avancent péniblement, grincements secs et usés de l'effort, dans cet espace hostile, où tout reste à conquérir. La peau frémissante de poussière, le gosier sec, les yeux vaguement perdus au loin, un doigt habile sur la détente, Elle prend les devants. Mais jusqu'où iront ces êtres hagards, insensés, avec leurs boeufs et leur espoir , ridicule caravane mal équipée pour un tel voyage? L'indien les suit de près, de loin, à l'instar de la caméra qui, plan large, plan rapproché, semble avoir peur de ce groupe inconscient, comme si les côtoyer trop longtemps l'emprisonnerait avec eux.. Chaque matin ressemble au précédent, avec juste le niveau d'eau dans le baril qui change, s'amenuisant petit à petit, un peu comme la raison qui s'évapore au fil des plans. Meek's cutoff, film d'Aventure terrifiant, beau et angoissant, n'a de cesse de questionner le spectateur sur ses capacités d'adaptation, d'accoutumance et de résistance
vendredi 10 février 2012
Train de nuit
Diao Yinan, 2008
Coincés entre les parois glacées du compartiment d'un train,entre les vitres sales d'un bus grinçant, recrachés par les volutes de fumée toxiques et compressés par les murs du tribunal,les êtres froids, voyageurs ankylosés par la misère, évoluent peu ou pas, lentement, mesurant leur faits et gestes, apeurés de briser l'équilibre morbide de cette Chine paralysée. Léthargique, parfois ennuyeux mais toujours beau et intrigant, Train de nuit (Ye-che Ye-che Ye-che souffle brûlant de la locomotive agitée) glisse comme il peut à l'écran, zigzague entre les étincelles dangereuses et piquantes des industries, barbotant dans une misère repoussante, fascinante, contradictoire, s'aiment-t-ils?
Coincés entre les parois glacées du compartiment d'un train,entre les vitres sales d'un bus grinçant, recrachés par les volutes de fumée toxiques et compressés par les murs du tribunal,les êtres froids, voyageurs ankylosés par la misère, évoluent peu ou pas, lentement, mesurant leur faits et gestes, apeurés de briser l'équilibre morbide de cette Chine paralysée. Léthargique, parfois ennuyeux mais toujours beau et intrigant, Train de nuit (Ye-che Ye-che Ye-che souffle brûlant de la locomotive agitée) glisse comme il peut à l'écran, zigzague entre les étincelles dangereuses et piquantes des industries, barbotant dans une misère repoussante, fascinante, contradictoire, s'aiment-t-ils?
mardi 7 février 2012
Werner Herzog
Aguirre, la colère de Dieu 1972
Du ciel, un corps céleste plonge tout entier dans l'atmosphère du nouveau monde. La colonie de fourmis descend, avec précaution, cet amas de roches vaporeuses, bercée par les choeurs angéliques de l'eau delà.
"Je suis la colère de Dieu".
Colère bornée et intrépide, qui n'a de respect que pour la chaire de sa chaire, colère farouche et insaisissable qui ne peut tenir en place. Aguirre doit se détacher de cette autorité trop pressante, quitte à l'éliminer, tout comme il doit partir, à le recherche d'Eldorado, à bord de ces radeaux de fortune. Animé par un besoin VITAL de gloire et de succès, l'envoyé d'en haut tourbillonnera des jours durant sur cette surface houleuse et dangeureuse, menant son équipage à perte. Entouré, submergé de petits singes, esprits malingres ressuscités qui couinent et le narguent d'un bout à l'autre de l'embarcation, Aguirre persistera dans son délire, rongé par la folie, noyé par les fluides de ce continent qui se joue de lui.
Coeur de verre, 1976
Croule. Croule. Croule. Croule. Voir. Voir. Voir. Voir. Voir.
Les regards croulent, se perdent dans des paysages somptueux
Les regards sont vides, sont éteints ou retranchés au plus profond des êtres,
l'église de Verre est pleine d'animaux.
Les regards qui osent regarder loin apercevront ceci: une lueur d'espoir, dans le vol des oiseaux
Lueur d'espoir folle et mortelle, mais aussi fabuleuse parce qu'elle est naïve et qu'elle est là, dans la bulle de verre chaudement soufflée, le secret du Verre-Rubis est à jamais conservé..
Embarcations
L'une est funeste
L'autre remplie d'espoir.
A moins que ce ne soit l'inverse
lundi 6 février 2012
Cloverfield
Matt Reeves, 2008
Film pop-corn quasi idéal, le monstre a tout de même ses faiblesses. Trop court sur patte et légèrement chiffe molle, ça l'empêche pas de foutre les jetons, rugissant après une tripotée d'humanoïdes qui crient comme des Dindons et gloussent d'effroi. Les questions soulevées sont ici multiples: comment sauver sa dulcinée quand on n'est pas foutu de se sauver sois-même? Dieu existe-t-il vraiment? D'où vient la Bestiole? Contrairement à de nombreux films du genre, Cloverfield ne s'embarrasse pas d'explications foireuses et stupides, le Monstre EST et DETRUIT, c'est tout c'qui compte.
Courir.
Esquiver. Tourner au coin de la rue pour tenter de rejoindre le bon embranchement.
Ne pas être au mauvais endroit, au mauvais moment.
Se battre contre plus fort que soit, s'unir pour détruire, mais surtout, SURVIVRE.
Et c'est là qu'on se rend compte à quel point on aime la vie. Et que les débiles qui en profitent pour piller le magasin d'électronique n'ont décidément rien compris. La bête est immortelle, elle est en chacun de nous, tout le pouvoir d'achat du monde ne pourra rien y changer. Les immeubles titubent au son des armes divines, les alarmes crachent leurs salves démoniaques, mais à quoi bon? Les rats grignotent les restes dont la bête ne veut plus, sous l'oeil pétillant de Dame Liberté mourante, fraîchement décapitée mais dont la prunelle rougeoie d'une lueur démente..
Putty Hill
Matthew Porterfield, 2011
Quelques noms taggés à la va-vite sur un mur transparent, invisibles pour l'humain lambda car mangés par le béton, une piscine, un plan d'eau, des cigarettes, un skatepark, de l'héroïne et des filles nu(lles), passives, paumées, WHAT ARE YOU DOING TOGETHER? YOU KNOW, JUST HANGING.
oui.
ça traîne, du camé au skateur pro, du tatoué à la grand mère toxico, peu ont finalement quelque chose d'intéressant à dire, même si ça grommelle de plan en plan. Baltimore, la ville fantôme, infestée de Looser et d'âmes en peine, c'est cela, Matthew Portefield, que tu voulais nous montrer? L'une est blonde et l'autre brune, elles ne sont plus d'ici mais pourtant, l'enterrement les ramène dans le 'trou'. Tandis que brunette prendra du bon temps, au milieu d'un petit troupeau sympathique, la blonde vivra un enfer, clairement flippée à l'idée de se retrouver coincée pour toujours, dans cette foutue ville où rien n'avance. Figée. Un poil trop maniéré dans son déroulement, le film peine à se détacher de la morne surface, se contentant de barboter bien loin d'un fond pourtant plein de ressources. A l'instar de la frangine blonde en crise, on veut se barrer, les laisser dans leur bordel, donc ouais, Putty Hill est une errance trop 'cheap', et, malgré une ouverture grandiose, ce fucked up world ne plantera pas son aiguille pleine d'encre dans mon bras.
Quelques noms taggés à la va-vite sur un mur transparent, invisibles pour l'humain lambda car mangés par le béton, une piscine, un plan d'eau, des cigarettes, un skatepark, de l'héroïne et des filles nu(lles), passives, paumées, WHAT ARE YOU DOING TOGETHER? YOU KNOW, JUST HANGING.
oui.
ça traîne, du camé au skateur pro, du tatoué à la grand mère toxico, peu ont finalement quelque chose d'intéressant à dire, même si ça grommelle de plan en plan. Baltimore, la ville fantôme, infestée de Looser et d'âmes en peine, c'est cela, Matthew Portefield, que tu voulais nous montrer? L'une est blonde et l'autre brune, elles ne sont plus d'ici mais pourtant, l'enterrement les ramène dans le 'trou'. Tandis que brunette prendra du bon temps, au milieu d'un petit troupeau sympathique, la blonde vivra un enfer, clairement flippée à l'idée de se retrouver coincée pour toujours, dans cette foutue ville où rien n'avance. Figée. Un poil trop maniéré dans son déroulement, le film peine à se détacher de la morne surface, se contentant de barboter bien loin d'un fond pourtant plein de ressources. A l'instar de la frangine blonde en crise, on veut se barrer, les laisser dans leur bordel, donc ouais, Putty Hill est une errance trop 'cheap', et, malgré une ouverture grandiose, ce fucked up world ne plantera pas son aiguille pleine d'encre dans mon bras.
samedi 4 février 2012
12 Angry Men
Sidney Lumet, 1957
La bêt(is)e humaine n'épargne personne. Du mec farceur pas très futé au diplômé en blablaterie, du mec sans coeur en passant par l'homme chez qui suinte le respect, tous la cajolent, l'idolâtrent et la possèdent. Il suffit qu'un type, un seul, doté d'un peu de bon sens et d'humanité ne lève pas sa main coupable lors du vote sacré, pour que se dérègle et s'emballe la machine des conventions.
L'ennui et la paresse se roulent des pelles, à cheval sur une chaise bancale, grinçants à chaque coup de langue; le pragmatisme agace, la vieillesse grimace et peine à laisser place à la Vérité. 12 hommes perdus autour d'une table allumée, 12 homo sapiens en proie au doute. On ne plaisante pas avec la vie, surtout lorsqu'il est question d'une mise à mort.. Lumet l'a bien compris, et signe un 8 clos épatant, étouffant sur la CONdition humaine et ses schémas idiots, qu'il s'amuse à nous dessiner de manière sarcastique, intelligente, si bien que l'on se prend au jeu...
La bêt(is)e humaine n'épargne personne. Du mec farceur pas très futé au diplômé en blablaterie, du mec sans coeur en passant par l'homme chez qui suinte le respect, tous la cajolent, l'idolâtrent et la possèdent. Il suffit qu'un type, un seul, doté d'un peu de bon sens et d'humanité ne lève pas sa main coupable lors du vote sacré, pour que se dérègle et s'emballe la machine des conventions.
dimanche 29 janvier 2012
STALKER
Tarkovski , 1979
Suivez le STALKER dans la Zone, immense délire d'une société en décomposition, on s'y sent rapidement chez soit. Tapissée de vide, c'est avec une aisance toute naturelle que les pensées s'y débattent et abattent les âmes de ceux qui s'y glissent, s'y noient. Deux battants de porte entre ouverts, notre être lentement les franchit, le coeur battant d'une locomotive furieuse envahit le sommeil de l'eau, dans le verre se fragmente, l'homme doucement se lève, nous assistons ici, au réveil des Dieux. L'Ecrivain, le Professeur, menés par le STALKER dans cette brume métallique, où s'éveillent les arbres et s'entremêlent rouille et racines, au travers d'un champs de chars, on s'y brûle.. "Mais tu sais, je me sens partout en prison" alors il s'enfuit dans la Zone, avec l'idée naïve d'en sauver quelques uns, la bouche ouverte, les yeux fuyants, n'a t-il pas peur que de lui même? Tarkovski allège son oeuvre de tout trucage ou effet spécial encombrant, dans la Zone, le superflu n'a pas lieu d'être, n'existe pas, juste ces flux, liquides, vaseux, les briques et l'eau, copulent et se confondent, en un chant tout droit vomit de la bouche d'un Ange. Commence alors la traversée, tu n'as qu'à bien te tenir, suivre les traces de ton désir, il est déjà passé par là, le Maître y a laissé sa peau mais peut être atteindras-tu la Chambre, et alors, ALORS. . .
Suivez le STALKER dans la Zone, immense délire d'une société en décomposition, on s'y sent rapidement chez soit. Tapissée de vide, c'est avec une aisance toute naturelle que les pensées s'y débattent et abattent les âmes de ceux qui s'y glissent, s'y noient. Deux battants de porte entre ouverts, notre être lentement les franchit, le coeur battant d'une locomotive furieuse envahit le sommeil de l'eau, dans le verre se fragmente, l'homme doucement se lève, nous assistons ici, au réveil des Dieux. L'Ecrivain, le Professeur, menés par le STALKER dans cette brume métallique, où s'éveillent les arbres et s'entremêlent rouille et racines, au travers d'un champs de chars, on s'y brûle.. "Mais tu sais, je me sens partout en prison" alors il s'enfuit dans la Zone, avec l'idée naïve d'en sauver quelques uns, la bouche ouverte, les yeux fuyants, n'a t-il pas peur que de lui même? Tarkovski allège son oeuvre de tout trucage ou effet spécial encombrant, dans la Zone, le superflu n'a pas lieu d'être, n'existe pas, juste ces flux, liquides, vaseux, les briques et l'eau, copulent et se confondent, en un chant tout droit vomit de la bouche d'un Ange. Commence alors la traversée, tu n'as qu'à bien te tenir, suivre les traces de ton désir, il est déjà passé par là, le Maître y a laissé sa peau mais peut être atteindras-tu la Chambre, et alors, ALORS. . .
mardi 24 janvier 2012
Millénium Trilogie
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| Barrière franchie, esprit perdu |
mardi 17 janvier 2012
Suzhou river
Suzhou River, où flotte l'amour et coulent les sentiments, tout au fond, enfouis sous les bouteilles de Vodka vides,Suzhou River, où la caméra bourrée s'éclate au sol, mouillée, la sirène agite sa queue et rigole, "je ne suis pas celle que tu crois!" Un éclat de dents couleur corail illumine les méandres sombres et moites de la rue Suzhou, le livreur s'y perd, en sueur, enfourche sa moto "PLUS VITE!" Tout alors s'accélère, la voix off se dissipe, la caméra entre en transe, l'Aqua World empiète sur la Terre, l'eau ruisselle de partout, de chaque trou, le goulot vomit un liquide vaseux, le roman prend vie, mais, à quel prix?
Lumière Silencieuse
L'esprit tournoie vers l'infini - des insectes insomniaques rythment la respiration du Divin, alors, lentement, l'aube avale ce qui reste de la nuit, le ciel a les joues pourpres. Les bêtes gueulent un peu plus fort, le tableau s'anime doucement, les couleurs pastels s'étalent. Le Temps. Austère. Impossible de le remonter? faux. Comme pour une horloge, il suffit d'un doigt *souffle* pour que le système se remette en branle.
Reygadas a 2 heures.
Hop, on ne s'attarde pas, les bols de céréales sont vides, toute la colonie se met en route, 'on a des choses à faire dehors'. Telles des fourmis, précises et silencieuses, Johan, Esther et leurs enfants évoluent dans ce monde vivant de manière franchement monacale. Rustre. et troublante. "Moi aussi je t'aime", le regard est vide, les gestes froids.. Je trouvais Batalla en el cielo trop méticuleux, trop 'fabriqué', pas assez spontané, j'arrivais pas à me laisser emporter, Lumière silencieuse c'est tout l'inverse .La caméra voltige, on l'oublie, notre regard se perd dans les herbes folles. Quand enfin, il invitera sa femme à nager, l'objectif se concentre sur une fleur en bourgeon, seul le clapotis de l'eau nous rappelle qu'ils sont tous là, juste derrière nous.
Economie du langage, économie des émotions mais débordements des sentiments, au travers des regards, des larmes, bravo.
Snowtown
Une meute de chiens en quête d'hémoglobine, la bave au museau, continuellement recouverts d'une fumée nauséabonde, quelques gamelles crasseuses remplies de pâtes froides, des animaux crevés clignotent ça et là, bienvenue à Snowtown, la ville où il ne neige pas en surface, mais en profondeur. Les chiots sont un peu idiots, ankylosés par l'ennui abyssal de la morne city, surveillés de loin par leur mère camée à la nicotine et aux histoires sans lendemain, à peine capable d'aboyer seuls, bâtards pour la plupart, de véritables sacs à puces bon à piquer. Débarque un beau matin le maître chien. Les habitudes sont bousculées d'un coup d'épaule, les plats sans saveurs remplacés par de la grande cuisine, la vie revêt -enfin- ses habits de fêtes, même le bonheur pointe son museau. Mais nous sommes à Snowtown, un territoire barbare, où les carnassiers règnent en maîtres, les kangourous en savent quelque chose.. -bouillie- Snowtown, immense réserve naturelle habitée d'animaux cruels, n'hésitera pas un instant à laisser le Mâl(e) s'installer dans la niche familiale. Petit à petit, plan par plan, le maître creuse son terrier, immense grotte béante sous la voie lactée, seul lieu finalement où le chiot pleureur ressentira un peu de paix. Courte durée. Plans cinglants, plans sanglants, léger tremblement du corps et décors crasseux, le prédateur rôde et renifle ton sang, tout n'est que question de temps..
lundi 16 janvier 2012
L'Homme sans âge
Tempo mesuré, mélange des genres , L'Homme sans Age est une sorte de journal intime "Coppola", une riche et mélancolique synthèse de ses oeuvres, de sa vie ; dans Apocalypse Now, on remontait un fleuve, ici nous remontons le Temps. L'éclair vient bien du ciel, marécage divin, et c'est avec une cruauté méticuleuse que Dieu ou Autre offre au professeur une nouvelle jeunesse -manquée- Youth Without Youth, mais surtout, Youth without Love. Dominic Matei (Tim Roth) s'enferme -à nouveau- dans sa forteresse du Savoir, mais, cette fois, il laissera une petite porte ouverte, juste assez de place pour que le langage amoureux s'y engouffre. Langage complexe et malhabile qui doit cohabiter avec tant d'autres: le Babylonien, l'Araméen, la Sanskrit, autant de branches enfouient qui conduiront Matei à la racine, à l'origine des mots, du langage, son BUT ultime, mais alors , quand ce TEMPS viendra, l'Amour ne sera t-il pas trop vieux?
Bouleversante histoire d'amour hors-temps, amour de l'Autre, amour de l'Art.
Bouleversante histoire d'amour hors-temps, amour de l'Autre, amour de l'Art.
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