samedi 21 juillet 2012

The Voice of a Distant Star & 5 cm per Second

Makoto Shinkai, 2002 et 2007


De Métal et d'Amour est la fusée qui transperce les nuages, sans un bruit, mécanisme subtile d'un éloignement ravageur.
Il s'agrippe à son souvenir, frêle silhouette recouverte de fleurs de cerisiers, comme autant de larmes versées,  océan de douleur, effroyable chaleur d'un soir d'hiver, la machine, dans la neige est bloquée, mais toujours, TOUJOURS le coeur bat à s'en rompre les artères, EXPLOSE à des années lumières, un demi siècle les sépare mais jamais, JAMAIS il ne cesseront de s'aimer. 

La distance se distille dans le recoin d'une canette brisée, temps / espace , ont-ils la force pour lutter?  
Perdue dans son cocon d'acier,flottant dans un coin reculé d'une Galaxie en guerre, la jeune fille se meurt d'Amour, combattant ces drôles d'entités; gerbes d'hémoglobine dans un Espace saturé, puisse le message arriver à temps. . . 



dimanche 24 juin 2012

L'Apollonide - souvenirs de la maison close

Bertrand Bonello - 2011
Derrières de grands rideaux au velours mélancolique, une ombre se glisse. Timide client aux mains crispées sur son couvre-chef - riche habitué au regard narquois, l'homme s'avance dans le salon, jonché de coussins moelleux aux envies mutines. jeux futiles, regards en biais, poitrines vibrant au rythme des conversations qui finalement, ne comptent pas vraiment, moustache taillée au cristal alcoolisé, l'Apollonide passe un doigt rieur sur les contours du trou - le verre s'exclame, la femme se redresse, ses boucles tièdes rebondissent mollement contre son cou, souffle d'extase à peine retenu, vite, montons. Long plan horizontal, intime travelling dans l'antre des plaisirs, traversé par ces mouvements verticaux, d'un corps qui subitement se lève, pressé d'atteindre l'orgasme, l'organe pointé vers les cieux habités par la femme sourire, par la femme qui songe.
 Rêverie animale d'un félin ruminant sa vengeance en silence, étalage de sons et d'odeurs, la maison close bouillonne, se libère, parfois - putain de grâce éclaboussée - combien, pour l'éternité?



vendredi 22 juin 2012

Moonrise Kingdom

Wes Anderson - 2012
Pas cadencé des petits ratons sauvages en fuite, pour eux plus rien ne compte à part le douillet coin de paradis façonné à grand renfort d'imagination, duveteux contours d'un royaume impénétrable; l'Amour s'immisce entre les costumes, dans la loge aux oiseaux, "i'm a Raven", violent coup de foudre annonçant la tempête du siècle, grosse caisse et cloches s'affolent, l'Orage approche.. C'est l'innocence contre la haine, l'amour contre la rage, l'espoir contre l'échec, Liberté l'Inconsciente se jette de tout son coeur sur Société la Terrible, longiligne bonne femme au regard sec, coups de ciseaux de gaucher transpercent la fourrure de droite à gauche, du haut vers le bas, le maître d'orchestre agite sa baguette d'une main experte ; les Cieux se déchirent, vomissent des litres de feu et des gerbes de flammes liquides sur le monde d'en bas, du haut de sa cabane en bois nichée au sommet d'un arbre halluciné, Dieu s'amuse. Seul les adultes un peu rêveurs s'en sortent car Moonrise Kingdom est gouverné par un couple invincible, astucieux monarques en couches culottes à l'âme d'une pureté ahurissante, nul besoin de règles idiotes : timides ébats les pieds dans l'eau , bisou humide sous l'oeil envieux d'une Lune transparente : l'Amour est sans limite

Berlin Calling

Hannes Stöhr - 2008







Hors champs se hisse une voix, puis quelques notes évadées d'un synthé aérien ---- le drogué au son, charismatique gourou aux poings levés tripote ses platines, l'esprit ailleurs... Préoccupé .... La came pulse dans ses veines, les beats fracassent ses tempes, la musique l'enveloppe, l'étouffe, regarde, la mouche est prisonnière. Une main repentie soulève le verre, l'insecte déploie ses petites ailes endolories, le son se clarifie, l'album est prêt, la boucle bouclée. La Création comme remède, comme moyen d'exister, doucement, rêveuses, leurs âmes s'élèvent vers l'infini. . 

vendredi 15 juin 2012

Piano Forest

Masayuki Kojima, 2007


 
 

4 petites souris grignotent la partition du gamin aux cheveux rouges, éclats mordorés teintés de notes sauvages, peu à peu, le piano l'apprivoise. Pied nu dans l'herbe folle, qui pousse au son des touches sous une lune radieuse, lumineux instant de grâce où le métronome s'arrête, quelques battements de coeur en rythme, la respiration coupée - - - le spectateur écoute, la musique submerge tout, s'infiltre avec finesse dans les corps; merveilleux transport que cette gamme là, on est bien, protégé par les arbres, les feuillages, la Nature : le talent a toute la place du monde pour s'exprimer. L'un est farouche l'autre appliqué, deux styles à l'opposé, donc, mais qui, l'air de rien, au détour d'une portée, se complètent et s'unissent avec courage pour venir à bout des fausses notes dressées sur leurs chemins. 
Piano Forest, mélancolique partition, que l'on a hâte de rejouer..



dimanche 10 juin 2012

La 317e section

Pierre Schoendoerffer, 1964




Dieu observe la fourmilière, à peine dissimulée par une brume laiteuse. Les lignes bien droites l'énervent. Puissant coup de rangers boueuse dans le tas, les fourmis s'éparpillent en hurlant. A la lueur d'une lampe froide, se dessine fébrilement les contours d'un cadavre. "Une peau élastique, et pas de poils". Le jeune chef débite ses ordre d'un ton rêveur, se rend-il compte de la situation? La caméra, vive et précise chope tout. Les ombres, le souffle des roseaux, la sueur sur les fronts lisses, avalanche de point de vue, l'oeil d'un cambodgien furtif "TIRE", regard pénétrant, sans peur. Invisible et menaçante, des entrailles de la forêt, la menace gronde. A la pointe des hautes herbes, l'objectif s'accroche, se fraye péniblement un chemin entre les branchages, puis, d'en haut de la colline, le petit soldat se meurt.


'Une peau élastique et pas de poils'








samedi 2 juin 2012

Alien

Ridley Scott, 1979 


A pas feutrés, entre les câbles, le chat s'avance; matou roussi fugueur, félin furtif, sans peur. Son ombre, dégoulinant de fluides poisseux, dresse son immense crâne aux contours phalliques par dessus l'épaule d'Harry Dean Stanton, tout juste purifié d'une gorgée d'eau salvatrice, merveilleuse scène où la caméra, affranchie de toute pesanteur s'aventure avec une grâce céleste dans l'atmosphère. Puissant cri lâché des profondeurs, regards apeurés des humains fais comme des rats, qui, lorsqu'ils ne se font pas déchiquetés de face, se déchirent de l'intérieur. Naissance brutale de la peur originale, grésillements fous d'un robot taré, l'image est moite, l'atmosphère mouillée, les regards fous nous montrent un portrait sombre et métallique de ce qui pourrait être LE voyage de ce siècle, balbutiement primitif d'un embryon gluant, dont l'unique but est de trouver la mort.



vendredi 1 juin 2012

Rusty James

Francis Ford Coppola, 1984


Le p'tit poisson motorisé agite sa queue flashy, les ombres suintantes s'accrochent au bitume amer, en dehors du cadre, de l'esprit, la mer, palpitante et merveilleuse, séduisante et paresseuse, don't worry Rusty James, je te porterai. Gamin paumé et inconscient, enveloppé de brume, pot d'échappement, gigote, au rythme d'une B-O fringante. 
Coppola, une fois de plus, nous trimballe dans un rêve, dans un cauchemar, sans fin et sans limites, on se cogne, on trébuche, de plan en plan, coup de bâte coup de langue, les lèvres collées au goulot d'une bouteille à moitié vide, on ressort changé de ce voyage initiatique, complètement ivre.




mardi 8 mai 2012

Viva Riva !

Djo Tunda Wa Munga - 2010


Une silhouette incandescente, d'un mouvement de hanche sensuel, irradie le coeur de l'homme insouciant. Se dessine alors à l'encre au goût essence, une histoire d'amour brûlante, puissante car éphémère, passionnante car adultère. Les scènes de Coït défilent, fulgurantes, suivies de près par l'ombre immaCULée, menaçante, qui ne lâche rien. Course poursuite électrique et suintante, rythmée par l'énergique déhanché d'une Manie Malone époustouflante, Viva Riva ! mérite ce point d'exclamation, génial et incongru, à l'image de son héros fantasmé, éternel gamin rieur au regard enfiévré, inépuisable source d'énergie barbouillée d'Or Noir.






vendredi 20 avril 2012

Twixt

Francis Ford Coppola - 2011


Le mec bourré patauge dans son verre de Whisky, 
s'agrippe à un glaçon joueur, trimballé de gauche à droite, 
secoué remué submergé noyé. 


L'artiste paumé s'éveille, 
la peau caressée par un éclat de lune 


tristesse


d'un battement d'aile il ose la découverte. . 


Le guide, le Maître, celui qui Sait, s'avance. 
La fille, la Morte, celle qui Naît, s'absente. 


Pour chaque coup de cloche, 
un coup de mâchoire, 
peu à peu l'innocence s'effiloche, 
découpée au hachoir


la nuit embrasse le jour, la folie se joue de l'amour, 
ils tourbillonnent et puis s'écrasent, le carillon résonne, 
est-il trop tard? 


Le teint crayeux des personnages illumine les cadres boisés, Coppola, d'une main de Maître, d'un éclair de génie, dessine un conte Chamanique et Merveilleux, n'hésitant pas à user d'un humour habile de temps à autres, 


tic tac, 


les corps se figent, le sang s'écoule, 
la jeune fille crie, l'Amour s'écroule..



samedi 24 mars 2012

Les Adieux à la Reine

Benoît Jacquot , 2012


D'un rêve ou d'un cauchemar, nous voilà prisonniers, enchaînés à Sidonie, liseuse éberluée qui dès le début, se fait des films, ponctuant ses lignes de gratouillements discrets, se nourrissant des regards de La Reine, ne vivant que pour la servir, la satisfaire, l'aimant à en crever. D'un coup de langue à l'éclat vermeille, Marie Antoinette brise les espoirs de la fillette, qui sans sourciller accepte la concurrence, oui, mais pas les remontrances. Ma Reine est malheureuse, mon âme absorbe sa douleur, Ma Reine rigole et s'épanouit, mon corps se drape de sa lumière, et puis d'un plan à l'autre mon coeur s'éclate contre les murs, éclaboussant les tapisseries de mon amour. Face à cette humble gamine transparente se dresse Gabrielle de Polignac, imbue, glaçante, celle dont on prononce le nom en tremblant, de haine ou de respect? A l'aube d'une révolution sanglante mais nécessaire, on se colle à Sidonie, l'échine courbée, courant maladroitement dans ce château malade, au murs gangrenés et crasseux, qui lentement, s'effritent et contaminent ses habitants. Il y en a qui fuient, d'autres qui meurent, mais Sidonie, elle, demeure, rongée par son amour, aveuglée par la robe soleil de sa Reine, petit rat en peine qui respire au rythme de la caméra. Versailles cogite, Versailles s'agite, la psychose revêt des habits de gardes suisses, profitant même d'une belle après-midi d'été pour se laisser lentement couler au fond d'une gondole, clapotis cristallins de l'eau souillée, il est trop tard, le cadavre du rongeur, tour à tour exhibé puis intimement frôlé les mord, la Mort, entre les livres se faufile pour un dernier baiser..

mardi 13 mars 2012

Rio Bravo

Howard Hawks, 1959


Le tintement d'une pièce sournoisement jetée dans le crachoir, accompagné par le cliquetis du chien d"un Colt que l'on arme, la balle fuse, l'homme s'effondre, la trame est posée, à nous de sauter dans la diligence en route. Joe Burdette, coincé derrière les barreaux, lance des regards assassins, crache sa haine mais heureusement, le vieux Stumpy ne se laisse pas impressionner, à lui de balancer vannes et remarques malignes, et la longue garde commence, ponctuée de coups de feu, d'éclats de rire et de tendresse, avec toujours cette merveilleuse maîtrise des dialogues et des plans. Que ce soit dans le choix des couleurs ou des détails, Hawks nous en colle plein la rétine, modulant la lumière de telle sorte que toujours, ses personnages rayonnent; Angie Dickinson, éblouissante, dégage une énergie telle qu'on en oublie la poussière et les gun fights quelques instants. Le sujet est passionnant. Le Shérif, Chance, homme droit tartiné de discipline, tente du mieux qu'il peut de préserver sa ville du terrifiant Burdette, dont il vient tout juste d'emprisonner le frère, l'attente est longue, jusqu'à l'arrivée des 'hauts-placés', mais Chance n'est pas seul:le vieux Stumpy, Dude l'écorché - d'amour et d'alcool- le jeune Colorado, la magnifique Feathers et le drôle d'hôtelier Mexicain, tous unis contre la menace Burdette, alternent rondes de nuit, parties de poker mouvementées, discussions intrigantes et dialogues amoureux exquis, yep', ils ont de quoi faire.
Get along home, Cindy Cindy.
Get along home, Cindy Cindy.
Get along home, Cindy Cindy.
I'll marry you sometime. 


Incroyable, cet attachement qui naît et se développe au fil du film, jamais personnages n'auront été aussi bien dépeints, avec autant d'aisance et de psychologie. Feathers, est-elle si sûre d'elle? où n'est-ce qu'une façade forgée à coups de plumes et de sourires joviales en vue de se protéger? Dude, excellent tireur, guérira-t-il de ses blessures grouillantes d'alcool et de remords? Rio Bravo touche des sommets de narrativité rarement atteints, la bande son, non plus, n'est pas en reste "Cindy hugged and kissed me, She wrung her hands and cried Swore I was the prettiest thing That ever lived or died" épatante, la scène où, les 3 protecteurs aux Colt chargés chantonnent, à l'unisson, sous l'oeil pétillant du Shérif Chance, touché depuis peu par le noble sentiment Amour, petit à petit, il se décoince, toujours un peu maladroit mais passionné, le baiser, quel baiser, les mains d'Angie Dickinson et son sourire.. Waow.





Dans la ligne de mire, Colorado vous montre comment tirer, la rue principale de la petite ville, du dehors  vers la prison, entre les deux? un seul obstacle: Dude, posté à l'entrée. mais..



vendredi 9 mars 2012

Bye Bye Blondie

Virginie Despentes, 2012

Quelque part entre une campagne bourrée et LA grande ville en toc, coincées sous une pile de Vinyls brisés et des cadavres de grandes personnes, Frances aime Gloria qui aime Frances et c'est comme ça. Mais venez pas nous dire qu'l'amour c'est aussi simple. Deux corps aussi vivants, souvent troublants, -maniérés puis désarticulés, en perpétuel mouvement- sacré régal à filmer, à admirer, les 2 gamines absorbent la lumière et l'énergie du monde qui les entoure, pour mieux rayonner, à moins que ce ne soit elles, qui entourent le monde de leur folie de leur délire de leur passion. Ca leur ferait pas de mal, aux parents de Gloria, un bon disque punk dans la mâchoire, bordélique et percutant, à l'image des 2 amantes, qui s'accordent avec délice quand viennent les refrains. Histoire d'amour pop et décalée, dégageant une odeur curieuse de joint parfum vanille/regrets, Bye Bye Blondie à le mérite de ne pas tricher, quelques fausses notes, certes, et pas parfait, mais enrobé d'une énergie pure, sans limite aucune, une énergie folle à t'en irradier les pupilles même une fois les yeux fermés.







Entre le Ciel et l'Enfer

Akira Kurosawa, 1963


L'argent, la Famille, la famille, l'Argent. Entre le ciel et l'enfer, Kingo Gondo se meurt, désespère, le cerveau bouillonnant d'indécision, irradiant la maudite pièce de son appartement d'une rage démentielle. Une pièce, qu'il ne quittera jamais , une pièce où l'action se met en place, Kurosawa insérant avec une minutie d'horloger les rouages de cette grande locomotive furieuse, petit à petit, plan par plan. Fantastique, ce huit clos angoissant, appuyé d'un jeu de lumière grandiose. Plus fantastique encore le 'drop' qui s'opère en plein milieu du film, pour se concentrer sur la police. Police un peu moutonne mais efficace, concernée par les tracas de tous, c'est rare, de voir tant de flics appliqués, les stéréotypes tombent et l'enquête prend toute la place, nous sommes autorisés à tout voir, à tout analyser, on est à la limite du film interactif, avec ses pauses et ses mystères, ses poursuites et ses énigmes. Dernière partie fulgurante, grouillante de monde, plongée sans anesthésie dans un univers sombre, stone et enrobé de fumée, le ravisseur marche nonchalamment vers sa destinée funeste, les gamins, sur leur terrain de jeu pavé de billets, jamais, ne s'arrêter de plaisanter.




jeudi 8 mars 2012

Chronicle

Josh Trank, 2012



La fascination de l'humain pour les trous est sans limites. Trou dans la peau, dans l'atmosphère ou trou profond dans le sol, faut que les 3 ados les explorent tous, s'y engouffrent inconsciemment, s'y perdent et y revivent, s'y aiment et s'y détestent. Rejeton timide et mal-aimé, battu jusqu'à en saigner de la crasse, Andrew nourrit son pouvoir plus qu'il ne le faut, le gavant de sa colère, de sa haine, de son besoin de vengeance. Pour exister, Steve a juste besoin d'être lui-même, son pouvoir grandit par à-coup, au jour le jour, mais toujours avec ce côté fun et rigolo, bon sang ce qu'on s'attache à ce gosse. Le 3ème larron, plus étrange finalement car incohérent dans ses attitudes, a plus de mal à trouver sa place; Matt évolue différemment, amorphe sur un plan puis débordant de fougue sur l'autre, parfois, la caméra peine à se fixer, sauf peut-être lorsque par télékinésie, elle réalise avec grâce son ballet aérien, bercée par les pensées d'Andrew, dirigée par le point de vue d'un Dieu . .


Dieu Déconne