jeudi 5 janvier 2012

NEDS





Le lion secoue sa crinière, hume l'air tranquillement, fige son regard dans celui de l'Adversaire, rugit.. 'OUT' les griffes, lacère avec rage son enfance, son avenir, ses espoirs, sans jamais pourtant abîmer ni sa force ni son intelligence. John le prodige . John l'élève appliqué mais surtout, surtout, John le fils. John le frère. Bouffé par ces deux êtres à peu près toujours absents, redoutables fantômes d'une vie léthargique, John le Nerd veut en finir avec tout ça, say hello to John le Neds, marchant dans les traces boueuses et sanglantes de son frère, rock-guerrier de la jeunesse paumée, John le Neds tape un énorme doigt à tous ses livres scolaires, manuels et ces foutus classes composées selon le 'niveau' de chacun. John le Neds fume une taffe qu'il a peine a recracher, s'efforce de pas tousser, bois un coup, allez vas-y, t'inquiètes. Lame de couteau froide au plus proche de la chair, évangélique duel contre le fils de Dieu dont il sortira guéri (?), John s'attaque AU plus gros prédateur de la ville, son père, fallait-il obligatoirement passer par tout ça pour oser? sans aucun doute. 15 livres pour libérer la fureur de vie et de mort dégagée par Neds, c'est bien peu payer. 


Et on est là. 


A regarder la Cène à la manière de la frangine éponge quasi muette qui subit, subit, sans jamais se plaindre. Figures féminines en demie teinte, mais UNE tout de même absolue, première fois au détour d'un chemin, lèvres fraîches contre babines rageuses, John (Conor McCarron) éblouissant.






mardi 3 janvier 2012

A l'Aventure

L'Aventure, c'est tout d'abord un banc, que l'on quitte d'un pas décidé, laissant derrière soit son déjeuner, son travail. "Pas ce soir" pour ce que ça change! Le plaisir demeure inatteignable au coeur de l'ennui, le vide, peut être que j'ai fui, l'envie de lui, j'arrache ma camisole convenable et m'allonge sur les draps pourpres de son amour. qu'est ce que tu fais dans la vie? c'est quoi ton métier? tu divorces? on baise? l'Aventure, c'est la conquête du plaisir, à tout prix, la conquête de terres inconnues, incandescentes, petite fille obéissante, APPRENDS! la Liberté du corps et de l'esprit, free de toute souffrance est approchable PAR la souffrance, accouplée au plaisir.


                    L'hypnose du corps éveille les sens..



Des étoiles au fond des yeux, elle est comme un enfant, sur le banc, pleine d'un désir galopant à des dizaines d'années lumières de sa propre carcasse. En fait, l'Aventure, c'est de ne pas prendre le train, de se toucher du bout des doigts, léger frisson d'extase qui se dissipe à la fin de la séance d'hypnose. L'Aventure se vit ici et maintenant, les marques de sa puissance sont visibles et invisibles, ancrées dans la chaire, parcourue de soubresauts, la patiente idéale s'anime et s'offre à tous dans un soupir". . .
Très habile, la scène où l'on voit Sandrine (Carole Brana, troublante d'un bout à l'autre de l'Aventure) s'évader de son propre voyage, pour échouer sur son banc alors que dans un ultime ballet, la caméra mystique s'attarde dans la chambre, la chambre où... L'Aventure, c'est dompter le vide et se donner corps et âme à l'Harmonie dévastatrice des forces de l'Univers.

jeudi 15 décembre 2011

Serbis


Serbis, Servis, adorer, patronner, s'accoupler est un film qui se hume, effluve chargée de graisse, qui se goûte, divine première bouchée annonçant un repas succulent, qui se sent et se ressent, donc. 'I LOVE YOU' dit elle à son reflet pourpre, tranquillité factice, inattegniable en un tel lieu, cinéma VIVANT farci de débauches, douces amères, mère, trempe ta honte dans l'eau débordante des toilettes, et fait fi de la bobine qui tourne ... Râles moites susurrés entre deux sièges, jeunes corps dessinés à coups de queues, Mendoza nous propulse avec une facilité toute déconcertante, irritante même, dans son film, dans son oeuvre, au sein de son spectacle, son bordel. Scotchés à leurs partenaires, les protagonistes s'autoriseront tout de même quelques instants d'innocence lorsque l'animal piétinera le devant de l'écran. La chèvre s'échappe, les rires s'évincent, le jeune père fuit.. et puis?

vendredi 25 novembre 2011

Somers Town



Mignon. Ne tombant jamais dans la crasse d'une jeunesse pouilleuse, soignant l'image comme un collectionneur soigne son classeur rempli de timbres, Shane Meadows consent à s'ouvrir totalement, open heart and mind. A nous de lécher le met, de plonger les lèvres dans la coupe de vodka pleine, gargarisme clinquant, Turgoose crève l'écran, maître peintre compteur, fieffé menteur et balourd au grand coeur. Le jeune Marek, toujours en retrait, le visage mangé par ses cheveux, à tout instant recouvert d'une ombre tiède, ombre père, l'ouvrier, le faiseur de métal. Londres figée, Londres amère, Londres froide qui ne découvre ses coins de paradis qu'aux plus audacieux. Fauteuil roulant vers l'infini, chaise longue stagnante et frigorifiée, les enfants font comme les grands, pillent, se battent, gagnent de la thune, acculent leurs vessie de mixture alcoolisée, tombent amoureux, mais, toujours avec une touche d'innocence, une touche de fraîcheur absente et depuis longtemps perdue chez presque tous. Sauf peut être ce voisin de pallier, qui, malgré la vision monochrome du film semble toujours rayonner. La musique peut être, est de trop. Mais ce drop final.. Cette renaissance qui jaillit des rayons du soleil, capturée dans la lumière, et les couleurs qui jouent, cabriolent entre les 3 amants, force de vie et d'amour à jamais préservée.





lundi 21 novembre 2011

À la verticale de l'été

A la verticale d'une ville mystère, enveloppée d'un chiffon sale, petit à petit qui frotte et accule ses habitants de tristesse.
A l'horizontale d'une baie chimérique, ultime refuge de l'âme, loin de, proche de, clapotis des vagues contre un corps purifié, enfin libre, 


heureux? 










Tran Anh Hung est amoureux de ses actrices. La légère gravité avec laquelle il les filme déconcerte, étonne, m'enchante . Acteur. qui joue l'acteur. Multiples films dans le film. Mise en abîme grandiose, regards scotchés. Quelques notes dévorantes affolent, le mouvement s'accélère sous la patte vive et précise du chef d'orchestre (Tran Anh Hung) ou peut être est-ce bien la jeune Lien ( Yen-Khe Tran-Nu) qui tire les ficelles. De l'éclat de joie à l'éclatement, de la verticale d'un lit à l'horizontale d'une infidélité, Hanoï halète, enfante, vie, tue . .

lundi 10 octobre 2011

La bête humaine

Drive






There’s something inside you,
it’s hard to explain.
They’re talking about you boy,
but you still the same.




Coup d’œil confiant sur les 3 compteurs du tableau de bord. Love. Life. Luck
Un synthé surgit du néant, accompagné d’une ligne de basse puissante, hymne solide d’une intro dévastatrice. Accroche sa montre au volant, le temps embrasse tout le reste, plus rien ne compte à part le match, la … L’alarme retentit, les basses pulsent, cœurs emballés, tension qui monte d’un cran, les flics rappliquent, le moteur rugit. The driver, calme, toujours, attentif, crispe ses mains gantées sur le volant, se meut dans la nuit - le prédateur à hélice n’y voit que du feu. Sauvé. ?



Générique kitsch, taillé dans le rose moelleux d’un chewing-gum gluant, synthé 80’s, Nightcall fait son effet, l’ambiance est posée, sublimée par ce jeu de lumières incessant, in-out de la voiture, bouclier inviolable, unique dépositaire d’une pureté limpide, inaliénable, point de départ d‘une innocence en perpétuelle mouvance.


« The driver », -Ryan Gosling- ne vit pleinement qu’un volant entre les mains. Nicotine, Caféine, Benzédrine, nul besoin. Le cure-dent remplace ici l’éternel cliché de la clope fumante, bout de tabac puant indispensable à l’homme pour paraitre bien dans sa peau. Solitaire, Beau, inébranlable, « The driver » semble intouchable. Mais. la Métamorphose se produit. Les portes de l’ascenseur s’ouvrent et se ferment sur la silhouette d’une femme timide, troublant alter ego du Driver qui , grogne et s’étire , sent le monstre en lui s’éveiller : ses mains tremblent .
Noyé dans des ambiances contrastées, entouré par une poignée de truands pourris jusque dans l’âme, ‘il’ ne goutera que très brièvement au bonheur, le temps de quelques balades fugaces, bercées par une harmonie divine, portées par un amour complet, aveugle et impossible, inébranlable et pur. et...






Je pourrais garer mon bolide ici même, sortir les clefs du contact et vous laisser imaginer ou revivre la suite. Je me permets pourtant d’ajouter une goutte de gasoil au réservoir déjà bien rempli. Drive ne m’a pas vraiment plu. Introduction mise à part, je ne suis pas rentrée une seule seconde dans la course. Pire, je baillais, me gratouillais, jetais de vifs coup d’œil à ma montre.

La bête possède un potentiel incroyable, ça me fout le tournis, je bave rien que d’imaginer ce qu’ils auraient pu en faire; la réalisation est de taille, offrant tout de même de belles petites surprises -je pense notamment à la scène de cassage de gueule sur fond de nichons libérés, pointant avec rage leurs tétons accusateur sur la brute passée à tabac- , Ryan Gosling incarne un personnage bourré de contradictions, dopé à l’adrénaline mais pourtant si serein, un perso’ classe et brillant, muet mais pourtant si présent; Brian Cranston apporte sa touche délurée et touchante qu’on lui connait bien, mais mais mais..

Au final j’ai trouvé ça trop lisse. Pas assez osé. Un poil trop convenu. Franchement, l’histoire d’amour entre cette imbécile heureuse enchainée à son bon à rien de mari et the Driver vous y croyez? Moi pas. Il manque au film une bonne heure et demie. Alors quand je lis des critiques le comparant à un thriller Sud Coréen, je me marre.


Drive ne va pas assez LOIN, se contentant d’un tour de piste alors qu’il avait le fuel nécessaire pour en faire 3. Maintenant, je reconnais qu’il a un potentiel de malade, la déception ne regarde que moi.

vendredi 26 août 2011

Nuits de caresses sans frontières

Nuits d'ivresse printanière  élixir rare, chaud comme le miel, déboussolant comme l'alcool, beau comme un tableau de maître se savoure un soir d'été.


quitte à ne vivre qu'une fois, autant vivre à fond, les corps se meuvent dans cette Chine autoritaire un peu à la façon de l'encre sur la peau de Jiang Cheng

Esprits passionnés, corps emmêlés
tout - jour
âmes damnées à la recherche de l'Autre qui ne viendra jamais

vendredi 19 août 2011

T'rat-queue-nard



Plic, Ploc, petite grenouille sans peau, se balance joyeusement au dessus de l'eau - sueur tiède qui dégouline et crée un passage laiteux, vaporeux vers l'entre Deux. Mineur largué, toujours fuyant , fantôme bavard et ahuri, tentant de résoudre le mystère de sa mort. Immense soucis du détail et des couches qui s’entremêlent, beauté aveuglante des plans, léchés comme ces caramels dont raffole l'enfant, frimousse boueuse et bien moins innocente qu'il n'y parait, et si, en plus de l'Espace, le Temps s'embrouillait? 









lundi 8 août 2011

Diavolo in corpo





Sensuelle, bouillante, ravageuse, drapée d'un manteau de fumée impénétrable, insaisissable Maruschka Detmers virevolte d'un plan à un autre, un peu plus belle , diabolique, violente, "défoncée" à chaque minute. Pauvre Andrea, écrasé sous le poids d'une passion trop lourde à soutenir, homme objet- pressé, mélangé à une salive divine, avalé, recraché, Giulia, finis-en!

mercredi 3 août 2011

Lust Caution

eXquise résistance des corps emmêlés
--souffle angoissé--
chaires amères sanglantes
--souffle précipité--
mouvement précis des mains
--souffle extatique--
jeu de regards mordants  



immense partie de MAHJONG brisée, on assiste à une mise à nue folle d'Amour des personnages, tourbillon d'horreur drapé d'espoir , résistance fugace d'idéaux ancrés dans les coeurs, pressés jusqu'à l'éclatement . étalé devant nos yeux, globes lumineux ébahis en quête de paix, douleur, plus rien.  

dimanche 19 juin 2011

United Red Army


Electrique
Extatique
Fanatique

ça gueule , un étudiant à l'agonie, la pellicule suinte l'hémoglobine Mais ne faiblit pas
              montre tout.
regards concentrés , folie palpable, silence oppressant, les décisions ne se prennent pas à la légère.

United Red Army transpire la fougue, la rage de vaincre       c'est l'heure      les têtes pensantes coiffent leurs casques de guerriers, choisissent leurs armes avec soin, foulent d'un pas vengeur le sentier de la guerre, passionnant.

Admirable tour de force de Wakamatsu lorsqu'il nous fait reprendre notre souffle -entre 2 scènes fulgurantes- lors de cette sublime marche nocturne bercée par le temps des Cerises, éclairée par quelques néons adroitement positionnés- touché en plein coeur.

samedi 18 juin 2011

Kinatay

"Fais de moi ce que tu veux mais ne me tue pas". 
Soubresaut, poitrine léchée par une lune translucide, paillette, Madone ensanglantée tout droit sortie de l'esprit trouble du jeune étudiant -Peping. Foule mouvante, cadavres inertes, l'étude de la criminologie ne sera d'aucune aide ici. 


Grimpe, assieds toi, ça rapportera gros, à toi la belle vie, pense à ta femme, ton gosse, tu crois que... 
Vaisseau fantôme fendant la nuit, tu n'auras qu'à... 
Petit, les limites sont à jamais franchies, les phares n'éclairent qu'une route poussiéreuse, repue de corps sans vie et toi, toi petit tu te sens comme le bétail que l'on mène à l'abattoir. pourtant, cette destination tu la connais, en début de journée, à la mairie, rappelle toi, le Cercle froid à ton doigt... tu vois? 
Ton souffle s'accélère, des bulles acides tapissent ton estomac, t'as la tête en vrac, tu Veux te réveiller. mais.. 


L'aube t'apporte un réconfort fragile, drape toi en, il va faire froid.



lundi 9 mai 2011

Mauvais Sang

Poussière caféine, concentré de folie.




 Telle mère, tel fils, chien galeux, tatoué, enragé, chef de meute , secoue sa crinière au dessus d'une plantation condamnée.

Huppert, Divine,
hante l'espace, s'en imprègne, donne naissance à quelque chose de beau, de fort. Bras d'honneur au type de la radio, musique sublime qui enveloppe l'image recrachée par une fumée pure, drogue white.

Menaçante atmosphère, à l'instar du boxeur blessé, tendant, scène après scène, vers l'inévitable.

Les acteurs jouent juste, Claire Denis maîtrise son sujet, brûlant, sanguinolant comme les plantes de pieds meurtries d'avoir trop foulé un sol hostile. Amour abusif de l'objet, de l'instant, oublie de soi, des autres, perte de conscience, Huppert faisait ses adieux au rationnel bien avant l'apparition du titre, White Material

 grosses lettres noires sur fond blanc, tatouage indélébile.

vendredi 6 mai 2011

Je suis pas une pute, je suis une fille champagne

Le mec se gave de frites, s'enfile un rail ou deux, agite sa queue au dessus d'une mer de fantasmes ringards, une goutte gicle sur le gorille en peluche qui se pète une patte contre le béton du parking surveillé par la flicaille.

Difficile de croire qu'on matte un film du mec qui a chié Bronson.
Difficile de peser la quantité de merde dans laquelle on s'enfonce petit à petit, coup foireux après coup foireux.





Punk Rock giclé Raclée

rythme fou d'aiguilles qui se plantent en plein coeur au son d'une batterie usée mais néanmoins vivante.

Virée Narcisse et Nécessaire, parfois romantique, que l'on achève dans une tombe remplie d'héroïne.



oui.

dimanche 20 mars 2011

Goodbye Dragon Inn

Le film s'arme dès les premières minutes de l' un des plus beaux Drop de tous les temps.
Tsai Ming Liang nous fait entrer dans ce monde décadent qu'est cette salle de cinéma sans nous laisser prendre notre respiration.
avant que l'on s'en rende compte, nous voila coincé entre un mec qui pue des pieds, une bombe qui grignotte des noisettes un peu trop fort et un puceau dégoulinant de désir.



avec toujours ce film, vieux comme le monde, Dragon Gate Inn qui clos la vie du cinéma.

un tour aux toilettes? peut être croiserez vous l'ouvreuse clopinant vers ...

La mise en scène est, comme toujours chez Liang, impeccable, de longs plan-séquence maitrisés à la perfection s'étalent tout au long du film, la profondeur de champs et le cadrage épatent, les acteurs donnent tout..

Tout cela nous amène à une trituration énergique de nos neurones quant à notre rapport aux salles obscures.
à nous d'y déceler les mystères, d'y laisser un bout de nous même, de nous assoir où bon nous semble.

wahou.
5,5/6